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108.

108.
En grandissant, j'ai appris à ne plus étaler ma vie, en tout cas à moins le faire.

J'ai longtemps accumulé les blogs, à l'image de mes histoires d''amour". Je crois même que je changeais plus souvent de petit ami que de blog, c'est pour vous dire. Je regrette amèrement de nombreuses histoires.
Trop de souffrances, d'incertitudes et d'incompréhensions. Je me suis cassé la gueule une fois, puis j'ai entraîné d'autres personnes dans ma chute. Et ce pendant près de deux ans.

Et à chaque nouvel espoir, un nouveau blog. De nouvelles photos de couple, de nouvelles déclarations.
Qui laissaient ensuite place à de longs silences. La déception d'avoir encore raté, de toujours faire trois pas en arrière quand je voulais aller de l'avant, et oublier celui qui... Celui qui.

Aujourd'hui, quand lorsqu'une de mes amies pleure celui qui a tout bouleversé, celui qu'une petite fille aime comme un rêve, et me dit qu'il n'y aura que lui, malgré son départ, je lui explique qu'un jour, un jeune homme se pointera au moment où elle s'y attends le moins, et que même si elle ne réalise pas sur l'instant qu'il va changer sa vie, c'est bien lui. Lui qui attendra le temps qu'il faut pour mettre son coeur en ordre. Lui qui acceptera les écarts, les doutes, les questions récurrentes que se pose un trop gros coeur pour un si petit corps. Lui qui aimera la femme, l'enfant qu'elle est encore, avec son passé. Lui qui lui posera la main sur le front quand elle aura de la fièvre, lui qui caressera ses cheveux quand elle pleurera la souffrance d'une mère, la souffrance d'un père, sa souffrance à elle. Lui qui grandira grâce à elle, comme elle grandira grâce à lui.
On apprends à faire des concessions, vivre ensemble. On crie parfois. On se déchire. Puis nos mains deviennent rassurantes, havres de paix. Elles se pardonnent tout ce que l'on a pas su dire, tout ce que l'on a pas su entendre. Elles viennent caresser son visage avec douceur, et tout s'arrange.

J'ai longtemps voulu oublier l'Avant. Puis j'ai compris qu'oublier le passé, ça voulait dire oublier le présent.
Je n'oublies donc pas. Mais des sourires, des rires, plus réconfortants encore que jamais je n'aurai pu l'imaginer ont couverts les anciens. Ils sont plus forts, plus lumineux. Ils sont siens.

J'aime un être imparfait. Mais nous sommes parfaits l'un pour l'autre.
Et je souhaite à chacun de trouver cette imperfection qui devient l'évidence parfaite quand on la rencontre.


J'étais venue ici pour vous parler de ma mère. Mais quand j'ai commencé à écrire, Il m'a appelé. Et sans longs discours, il m'a apaisé.
Maman a un cancer. Encore un. Encore une guérison à l'horizon, j'en suis sûr. Mais j'ai peur. Pas comme on a peur d'une araignée, ou de passer un examen. Une panique muette, qui nous parcoure le corps à chaque fois qu'elle rentre à la maison après l'hôpital. Ca allait plutôt bien au début, mais depuis quelques jours, elle pleure beaucoup. Je l'entends souvent reprendre sa respiration en rugissant comme une diva du blues, puis insulter cette saloperie de tout les noms, lui dire "Tu m'auras pas, tu m'auras jamais". Elle me fait sourire. Mais ça reste un doux sourire amer.
Voilà.

A part ça, tout va bien. Malgré tout cela, je ne me résigne pas. Je continues à croire, sans cesse, qu'on peut se cogner à la vie, et qu'elle est merveilleuse, toujours plus merveilleuse.

Bonne nuit, bonnes vacances.
Et un bien bel avenir mes amis.


Moka.

# Posté le lundi 21 juillet 2008 19:08

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